Palmarès des Prix Jean Vigo 2026

Les Prix Jean Vigo 2026 ont été remis le 6 juillet dernier à la Cinémathèque française par Galatéa BELLUGI


Alain GOMIS
VIGO D’HONNEUR 2026

« Intime et politique, l’œuvre d’Alain Gomis s’ancre dans une humanité profonde. Depuis son premier long métrage L’Afrance, en un seul mot, sorti en 2022, et jusqu’au très beau film-fleuve sorti cette année, Dao, la liberté formelle de son cinéma appréhende avec justesse et fantaisie les trajectoires sensibles d’hommes et de femmes qui vivent à la lisière, entre ici et là-bas. »


Said HAMICH BENLARBI
PRIX JEAN VIGO 2026 DU COURT MÉTRAGE

Avec « À la recherche de l’oiseau gris aux rayures vertes » Saïd Hamich Benlarbi pose sur le déplacement un regard sensible et poétique, qui refuse la facilité du lyrisme. Son moyen métrage raconte la quête intime d’un homme qui cherche la rédemption. Sa quête devient une traversée des paysages, d’abord, filmés comme des états mentaux plus que comme des décors. C’est aussi une traversée des mémoires, celles qui se transmettent en creux, par silences et par absences. C’est enfin une traversée des identités, prises dans la friction entre héritage et devenir. Le doute est une boussole qui laisse entrevoir que l’oiseau du titre n’est pas un symbole à déchiffrer mais une direction qui fait de l’errance une méthode de vie. 


Arthur HARARI
PRIX JEAN VIGO 2026 EX AEQUO DU LONG METRAGE

Avec « L’Inconnue », Arthur Harari confirme une maîtrise singulière de la mise en scène qui marie toujours une exigence formelle absolue à une écriture romanesque puissante : chaque plan est construit pour faire affleurer la tension, ici celle d’un homme qui ne se reconnaît plus, celle d’un monde qui continue sans lui. La rigueur du cadre et du montage comme le travail sur le hors-champ sonore sont au service d’un récit qui avance par ruptures infimes plutôt que par coups de théâtre. La retenue passe par une grande précision des gestes et de la direction d’acteur qui transforme le vertige en pensée.

Gustave KERVERN
PRIX JEAN VIGO 2026 EX AEQUO DU LONG METRAGE

Avec « Voilà, c’est fini », Gustave Kervern propose une œuvre profondément humaine, tendue entre dérision et compassion. Il filme les marges sans complaisance et déplie la carte des dominations ordinaires dans une comédie qui est aussi un récit anti-colonial : il pointe les survivances d’un rapport de pouvoir hérité et la façon dont certaines histoires se répètent dans l’indifférence. En parallèle, « Voilà c’est fini » brosse le portrait d’une société où l’argent, le statut et l’origine dessinent des lignes de faille invisibles mais tranchantes entre des personnages cabossés, en perte d’équilibre. Sous la légèreté, le film révèle ce que nous taisons — nos ratages, nos petites lâchetés, nos élans maladroits. Nous avons aimé sa proximité à la fois ironique et émue.